Le Blog de Bounty

Tranches de ma petite vie à partir de photos sympas ... persos ou choisies ailleurs ...

dimanche 13 mai 2007

P'tite boule en jean' bleu-gris ...

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Il fallait donc que je prenne le temps de vous raconter une jolie histoire qui m'est arrivée l’année dernière dans mon collège. C’était avec une de mes élèves … Elle s’appelle Faustine, elle m’a permis de citer son prénom et de publier des photos …

Au collège donc, pour le temps de repas de midi, j’ai besoin de faire une vraie coupure avec la jungle et le tohu-bohu de mes cours ! Je rentre donc manger chez moi, ceci me permettant en outre, de retrouver ma petite Kitty adorée. (Tiens, un bisou pour elle au passage !) Cela me permet aussi de manger vraiment ce que je veux (je suis tellement ch***** avec la nourriture) cela me permet enfin d’échapper aux discussions boulot et autres « méchanceries » à la table de mes collègues … J’évite cela aussi … Je « déstresse » quoi !

L’année dernière donc, c’était un vendredi, j’avais mangé chez moi et je repris la route du collège, il devait être 12H45.

Soudain, sur la route, qu’aperçois-je ? Non, pas Bruce Willis !

Je ralentis et vis, là, sur la route, une petite « tachounette » bleue, pas très vigoureuse, une sorte de petite boule hésitante, un mini-chat ! Minuscule, très faible, la tête un peu sonnée, le pas peu assuré, un peu « paumé » quoi. Mais bleu, oui, d’un bleu magnifique, bleu jean, bleu nuit, mignon à craquer.

Je freinai. Les voitures dans l’autre sens continuaient de passer à vive allure … Je ne vous dirais pas toutes les insultes à leur égard qui me sont venues au bout des lèvres … cela vous décevrait beaucoup d’une prof de français ! Pour résumer : les gens ont-ils un cœur ?

Heureusement, derrière moi, pas de voiture. Je garai rapidement mon véhicule, et sortis pour sortir le petit chat de son parcours d’Indiana Jones. Une voiture ralentit et le chauffeur me hurla un truc en serbo-croate que la morale m’interdit de transcrire ici ! En gros, j’étais *$^ù*ù$^ùùù ! Oui ben c’était pour sauver une vie et mon véhicule était garé. Puis je m’en fichais, oui j’avais sauvé la vie de ma petite boule bleue.

Une autre voiture s’arrêta … dans l’autre sens donc toujours, une jeune fille cette fois, une vingtaine d’années, les yeux déjà amoureux comme moi de ce que j’avais dans les bras. Elle me demanda à qui était cette petite « perle », ce que je faisais là, plantée au milieu de la route à faire des câlinous à un bébé chat ! Elle se gara … et voilà deux nouvelles amies en quelques secondes, à chouchouter un petit bébé d’amour tout bleu.

Le chaton devait avoir à peine un mois et demi, il ne tenait pas bien sa tête, il était faible, il n’avait pas de force pour miauler, il titubait. Quelques instants, on a cherché une mère improbable dans le fossé ; nous sommes aussi allées frapper chez les gens en face, dans la maison la plus proche et l’on nous a répondu : « Mais laissez-le crever, ça fait deux jours qu’il traîne ainsi, il est perdu, sa mère a dû l’abandonner. » Je n’ai vraiment pas le droit de vous dire ce qui m’a traversé l’esprit à cet instant en écoutant les paroles de cette … *ù$^ù*ùùù ? Cela vous décevrait beaucoup d’une prof de français …

D’un regard, Coraline (« mon amie de la route de cinq minutes » !) et moi nous sommes comprises.

Je lui ai demandé si elle pouvait le recueillir. Elle me dit qu’elle avait déjà trois chats, beaucoup d’animaux et que ses parents n’allaient pas être d’accord. Pour ma part, j’avais déjà Kitty et il est vrai qu’elle n’est pas très sociable … Un rien l’effraie et j’avais peur d’une cohabitation houleuse …

Nous décidâmes, la mort dans l’âme, de le porter chez un vétérinaire, et que, si personne ne venait le réclamer, de le faire piquer. Au moins, il aurait une mort décente et sans douleur.

Je demandai à Coraline de garder le chat jusqu’à 17 heures, la fin de mes cours et qu’ensemble ensuite nous irions chez le vétérinaire. Je décidai de tout payer, la visite, la consultation, l’euthanasie. Je lui demandai juste de bien s’occuper du chat jusque là, de le nourrir et l’hydrater un peu, qu’il ait de « derniers jolis moments ». Elle m’a promis « un après-midi de rêve » pour la petite boule, nous avons échangé nos numéros de portables (vive la technologie !) et je suis repartie au collège, le sourire aux lèvres.

J’arrive au collège, 13H10... et là, comment dire … hum, les larmes qui commencent à monter. Non, ce n’est pas possible, je ne peux pas faire euthanasier cette petite boule toute mimi. Je repense au bleu de sa petite fourrure … Je sors dans la cour, j’appelle quelques élèves, mes cinquièmes et je leur demande, comme ça, s’ils ne veulent pas d’un petit bébé chat tout bleu. C’est l’affolement chez les filles ! Siiiiii ! Ça crie dans tous les coins, chacune demande un portable pour appeler ses parents, sa maman, (Les pères ont la réputation d’être plus durs sur ces sujets-là Lol !) et ça appelle, ça supplie, ça décrit ma petite boule d’amour alors même que les élèves ne l’ont pas vue ! « Mme Bounty est à côté de moi, elle pleure là, elle ne va pas bien, le chat il va être tué par le vétérinaire, maman, s’il te plaît ! » Heu, bon non, je ne pleurais pas … J’avais juste un petit rhume des foins. Je m’en souviens.

Hum, je suis gênée de la petite révolution qui se joue, là, dans la cour. Mais … je prête quand même mon portable, une fille est en panne de forfait et elle est sûre que sa mère va accepter ! Les filles pleurent maintenant … Ragh la la … Les filles ont été si touchantes ce jour-là !

Soudain, miracle, une maman accepte ! La maman de Faustine ! Je lui arrrrrrrache des mains le portable, remercie sans la connaître la maman, lui explique ensuite l’histoire (oui je sais ce n’est pas dans l’ordre !) et lui dis : « Rien n’est permis mais … m’autorisez-vous à ramener votre fille chez elle, dans ma voiture, avec le chat ? » J’ai son accord et je l’en remercie encore aujourd’hui ! Je reste persuadée que … dans la vie, oui il faut des lois, des règles mais que parfois, la vie fait qu’il ne faut pas complètement et toujours les respecter, de trop près. Sinon, rien n’est possible et peu de choses se font.

13H25, je prends les élèves en cours. Dans l’après-midi, je reçois un sms de Coraline : « Chat adorable, mange, boit, en forme. » Je l’appelle à la récréation en lui disant que je lui ai peut-être trouvé une maîtresse ! Coraline exulte de joie !

16H45 arrive enfin … Je kidnappe Faustine à la sortie de son cours et nous partons comme des voleuses retrouver notre « enfant » ! Pendant le trajet, je lui vante la beauté de son futur bébé adopté : il est bleu, il est tout petit, il a bu, mangé, il est en forme, son poil est doux, comme du velours… » Je ne suis plus prof de français, je suis commerciale ! Même pas la peine, Faustine est déjà maman adoptive ! Je crois que c’est gagné. Je lui dis quand même que si elle ne veut pas le chat parce qu’il ne lui plaît pas, elle me le dit, je comprendrai. (Et là, je priai tous les saints pour que le coup de foudre se produisît.)

Nous passons d’abord chez moi, vous me connaissez, je veux faire des photos de la maman qui découvre son chat. Nous rejoignons ensuite le lieu de rendez-vous avec Coraline. Deux voitures sur le parking de la petite supérette de mon village … Je sors, Coraline sort avec un petit carton, Faustine sort de la voiture (Je prie, je prie …) et là Faustine qui le voit, le prend dans ses bras : « Oooooohhh qu’il est mignon ! » Clic clac, photos, elle ne peut plus nier, elle est mère, elle est sa maman ! Lol ! Faustine craque complet, Coraline et moi nous regardons, MISSION ACCOMPLIE ! Petit pincement au cœur pour Coraline je le sens … Elle a passé tout l’après-midi avec lui … Je lui promets des nouvelles …

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Je décide de passer à la pharmacie du village où vit Faustine. Je résume l’histoire au pharmacien qui m’écoute, ébahi, se demandant sûrement sur quelle folle il est tombé ! Faustine derrière moi, sourit, me regarde faire. Faut dire que j’ai un accent bordelais qui ressort quand … je parle un peu vite ou que je suis sur le coup de l’émotion. (Tiens, il faudra que je fasse un billet sur mon accent, tel qu’il est vu en Sarthe, tous les efforts que je fais pour ne pas trop que cela s’entende.) J’achète tout le nécessaire de survie pour notre « enfant » : le lait spécial chaton, le vermifuge, les vitamines … et hop, une petite rose chez le fleuriste d’à côté, pour la maman de Faustine afin de la remercier de sa bienveillance !

Nous arrivons chez Faustine, et là, à nouveau petite appréhension. Et si la maman changeait d’avis ? Je cherche dans ma tête tous les saints du calendrier que je n’aurais pas priés, depuis 13 heures. La porte s’ouvre, Faustine m’aide un peu « Mamaaaan, regarde comme il est mignon ! » C’est une bonne entrée en matière ! Ouuuuf, la maman craque complet … Chanel est le petit prince au bois dormant … Toutes les fées sont penchées sur lui ! Clic-clac, photos …

Nous en avons parlé pas mal parlé en cours le lendemain. Il faut dire que j’avais porté un montage des photos … et que Faustine nous a raconté tous les détails de sa première soirée avec lui. Elle l’a appelé Chanel …

Et je crois savoir qu’il va très bien. C’est un gros patapouf … aimé et choyé par sa maîtresse.

Je remercie encore Faustine aujourd’hui qui m’a permis de bien dormir ce soir-là …

Et le bleu du petit jean’ de Chanel va si bien avec celui des yeux de sa maîtresse.

Je vous mets, quelques heures, des photos ... pour vous montrer la beauté d'une "maman" comblée ! D'abord dans ma voiture, puis chez elle !

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Posté par Bounty33 à 07:20 - Mon cartable ... - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

elle est très très belle cette histoire

Coraline et toi, de vraies héroïnes,
Faustine et Chanel, magnifiques !

(quelle chance de ne pas connaître les allergies...je vous envie)

bon dimanche,
je vous embrasse toutes bien fort

Posté par Emmanuelle, dimanche 13 mai 2007 à 09:02

quel beau sourire de faustine sur la dernière photo!
je crois bien qu'elle ne t'oubliera jamais et que ses petit enfants auront encore droit à l'histoire dès que quelqu'un parlera de prof de français!!
voilà comment se crée une légende!

Posté par sylvie89300, dimanche 13 mai 2007 à 14:17

Bravo Faustine et encore merci d'avoir permis que l'on te connaisse! c'est vrai, le bleu de tes yeux est aussi profond que la robe de melle Chanel.
Bisous à vous 2.

Posté par florence, dimanche 13 mai 2007 à 17:16

Cette histoire est magnifique. J'embrasse Faustine par ton intermédiaire et je te félicite pour ta persévérance de jolie dame sensible...

Posté par Baïlili, lundi 14 mai 2007 à 05:05

Bonjour Bounty ! J'ai découvert ton blog chez la copine du com précédent
J'aime beaucoup ton histoire car les blogs de mes jeunes collègues sont souvent moins gais
Ton histoire me rappelle celle de ma fille : au même âge que ton élève, elle avait recueilli un chat mais ... en cachette ! Elle l'avait installé dans un coin du garage où je n'allais pas trop et le nourissait à mon insu, j'avais été mise devant le fait accompli...Hélas pour celui-ci il avait déjà le sida du chat. Mais il y en a eu d'autres... Qu'elle nous a laissées quand l'âge venu elle a quitté la maison.
Maintenant elle travaille dans le social et vit avec un monsieur allergique au poil de chat...

Posté par Rosa, lundi 14 mai 2007 à 08:50

Bienvenue Rosa ... Je rentre de Paris claquée ... merci pour tes compliments ils me touchent beaucoup.
J'ai mille histoires de chats à vous raconter ...
Bises et reviens quand tu veux ... Je vais aller zieuter par chez toi ... ;-)

Posté par Bounty, lundi 14 mai 2007 à 21:13

Ils sont adorables tous les deux, le minou et la minette.

Posté par lejimi, samedi 9 juin 2007 à 15:39

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